Les évènements politiques et économiques ont un impact important sur votre portefeuille ou vos finances personnelles, que vous suiviez la politique ou non. Par exemple, un conflit qui entraîne des répercussions sur les prix du pétrole pourrait avoir une incidence directe sur vos finances en affectant les prix de l’essence ou même les coûts de productions des articles que vous achetez à l’épicerie.
Dans cet article, je vous parle de cinq évènements politiques et économiques que je surveille de près cette année, car ils peuvent affecter directement ou indirectement vos finances personnes et votre portefeuille.
Les négociations du Traité de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique (ACEUM)
Ces négociations sont au point mort depuis que le président américain, Donald Trump, a décidé de se retirer des tables de négociations à la suite des publicités ontariennes diffusées dans certains états américains. Il a également imposé des tarifs sur des produits canadiens non soumis aux règles de l’ACEUM, ainsi que des tarifs sectoriels sur les pièces automobiles, l’aluminium, l’acier et le cuivre. La suite de ces négociations aura un impact important sur l’économie canadienne. Selon les données compilées par la base de données COMBASE des Nations Unies, les exportations canadiennes vers les Etats-Unis s’élevaient à 420 milliards 2024, soit 76 % de toutes les exportations canadiennes. Cela indique une forte concentration des exportations vers le sud de la frontière. Environ 99.99 des échanges bilatéraux entre les deux pays sont éligibles pour un traitement préférentiel en termes de tarifs douaniers dans le cadre de l’ACEUM.
Si les négociations continuent au point mort, cela pourra affecter la confiance des entreprises et ralentir les investissements. Un tel scénario aura un impact négatif sur l’emploi et l’économie en général. A moyen terme, il peut mener à un ralentissement économique, ce qui serait dommageable pour votre portefeuille.
Le choix du prochain président de la FED
Le mandat du président de la Réserve fédérale américaine (FED) arrive à sa fin en mai 2026. Les rumeurs font croire que le président américain devrait annoncer son remplaçant sous peu. Cependant, les marchés surveillent attentivement ce choix pour comprendre si le président américain va essayer de s’ingérer dans la conduite de la politique monétaire américaine, un processus réputé indépendant. Pour le moment, les grands journaux américains comme le New York Times, indiquent que Kevin Hasset, un conseiller du président serait le grand favori du président. Derrière lui, les tabloïds américains placent Kevin Walsh, un ancien membre du Conseil des Gouverneurs de la FED et Christopher Waller, un actuel membre du conseil des Gouverneurs, comme étant les noms qui trônent au sommet de la liste du président.
En plus d’exercer une influence importante sur les conditions de crédit et sur la régulation des cycles économiques dans la plus grande économie du monde, la politique monétaire affecte également la stabilité financière. Etant donné que le système financier mondial est très interrelié avec le système financier américain, une diminution de la confiance des investisseurs dans la politique monétaire américaine pourrait entraîner des conséquences importantes sur les marchés financiers au niveau mondial.
Les élections de mi-mandat
Les élections de mi-mandat se tiendront le 3 novembre 2026 et devront déterminer la composition du Congrès américain, incluant la chambre des représentants et le Sénat. En général, le parti du président en exercice perd les élections de mi-mandat, à cause de la baisse de popularité souvent observée durant les deux premières années du mandat présidentiel. Actuellement, les sondages pointent vers une défaite des républicains à la chambre des représentants.
Si la majorité républicaine passe aux Démocrates au sein de la chambre des représentants, cela diminuera la capacité de l’administration Trump à implémenter sa politique fiscale car elle devra faire des concessions majeures avec les démocrates, spécialement en tout ce qui a trait à l’approbation de mesures budgétaires. Ce scénario sera encore plus difficile à naviguer si les républicains maintiennent leurs majorités au Sénat. Les républicains ont eu de grandes difficultés l’année dernière à faire adopter leurs plans de dépenses et à approuver le nouveau plafond de la dette, en dépit de la majorité qu’ils détiennent dans les deux chambres. Cet éventuel changement de panorama politique et l’incertitude qui y est liée peuvent créer plus de volatilité sur les marchés s financiers cette année.
Le congrès américain détient aussi d’importants pouvoirs en matière de législation sur le commerce international. Par conséquent, une prise de contrôle de la chambre des représentants par les démocrates mettra probablement un frein à l’utilisation effrénée des décrets exécutifs par le président américain.
L’orientation de la politique étrangère américaine
La politique étrangère américaine s’est révélée définitivement « hawkish » ces derniers mois, ce qui faire référence à l’adoption d’une ligne dure sur les enjeux d’intérêts à l’international. L’intervention américaine au Vénézuéla témoigne de cette approche préconisée par l’administration proche face aux défis géopolitiques mondiaux.
Toutefois, la suite des événements n’est pas encore claire pour les investisseurs. Sur le dossier du Vénézuéla, l’administration américaine n’a pas encore clairement défini les objectifs qui sont poursuivis pour l’avenir au-delà des discours sur le pétrole vénézuélien. Par ailleurs, en dépit des velléités de domination continentale exprimée par Donald Trump et son désir d’étendre l’influence américaine sur tout le continent américain, l’incertitude demeure sur les prochaines étapes écrites sur son carnet. La même question se pose sur l’Iran, un dossier sur lequel le président américain n’a jamais caché son désir de résoudre avec les moyens de la force si nécessaire.
Pour le moment, les marchés ne semblent pas montrer trop de signes d’inquiétudes par rapport à ces dossiers. Cela pourrait-être expliqué par la rapidité de l’opération menée au Vénézuéla. En général, une opération qui traine à donner des résultats génère plus d’inquiétude pour l’économie qu’une opération dont les résultats sont arrivés rapidement. Cependant, la situation peut changer rapidement.
Les négociations commerciales avec la Chine
Les tensions commerciales avec la Chine ont repris au cours de la première année du deuxième mandat de Donald Trump. Ce dernier a ramené les tarifs douaniers à 10 % en novembre 2025 après une bataille commerciale qui a vu les deux nations augmenter dramatiquement les tarifs douaniers réciproques à plus de 125 %. La bataille entre les deux géants de l’économie mondiale est encore plus féroce sur le terrain des terres rares et des puces, éléments indispensables dans la chaine d’approvisionnement de l‘innovation technologique que les deux géants tentent de contrôler.
L’économie chinoise a besoin des exportations vers les Etats-Unis pour combler l’inadéquation entre la demande intérieure et sa production. Donc, les relations commerciales avec les Etats-Unis, le pays avec la plus forte consommation intérieure, demeure cruciale. De même, des tarifs très élevés sur les importations chinoises pourraient faire mal aux consommateurs américains. Cela conduit les deux géants dans une position où ils doivent s’entendre, quoique pour l’instant, les Etats-Unis détiennent l’avantage.
Ma lecture économique
L’incertitude est probablement l’un des éléments qui nuit le plus au fonctionnement de l’économie et des marchés financiers. Il est clair que les éléments susmentionnés représentent des vents de face qui peuvent renforcer l’incertitude jusqu’à la fin de l’année. Les marchés et les agents économiques comme les entreprises seront à l’affut de nouvelles qui peuvent avoir des impacts sur ces dossiers, ce qui peut donner lieu à une volatilité plus élevée au cours de l’année. Cependant, les chiffrent montent qu’en général, les marches tendent à surperformer à la fin d’une année d’élections de mi-mandat, c’est-à-dire quand le calme revient.
