Eléments clés à retenir
- Vous devez absolument ajuster votre budget et votre fonds d’urgence à l’arrivée de votre enfant.
- Vous devez penser à protéger votre enfant contre les accidents de la vie comme le décès soudain d’un parent. En général, une prime d’assurance-vie peut vous permettre de le faire.
- Le régime enregistré d’épargne étude vous permet d’économiser pour les études des enfants. Le gouvernement verse des primes en plus de vos cotisations sur ces régimes, ce qui les rend très avantageux.
Pourquoi c’est important ?
La naissance d’un enfant est un événement majeur dans la vie d’une personne. Selon moi, c’est l’un des plus beaux moments de la vie. Cependant, elle vient avec beaucoup de dépenses additionnelles sur plusieurs années et nécessite une revue des objectifs et de la stratégie d’épargne et d’investissement. En effet, Statistiques Canada estimait en 2024 que les dépenses pour élever un enfant peuvent atteindre 293 000 $ durant les 17 premières années. Ce montant n’inclut pas les frais n’incluent les coûts des études collégiales et universitaires. En résumé, la naissance d’un enfant est un événement qui bouleverse les finances des parents et nécessite des ajustements immédiats de façon à bien s’adapter et à bien préparer l’avenir.
Dans ce billet, je vous présente quatre décisions financières auxquelles vous devez penser immédiatement ou même avant la naissance de votre enfant. Prendre ces décisions le plus rapidement que possible vous permettra de préserver la santé financière de votre enfant, de le protéger en cas d’accidents de la vie, mais également d’assurer son avenir.
1. Réévaluer votre budget familial
Un enfant vient avec beaucoup de dépenses additionnelles. Penser aux dépenses pour acheter un berceau ou une poussette. D’autres dépenses sont de nature courante comme les couchettes, les vêtements, la nourriture et les jouets. De plus, certaines familles peuvent faire face à une diminution du revenu familial étant donné qu’il est possible que l’allocation de congé parental ne couvre pas complètement le revenu de travail gagné avant le congé.
Passé l’âge de nourrisson, un enfant va continuer à coûterde l’argent aux parents, que ce soit pour financer les activités extra-scolaires ou les études.
Par conséquent, il est important d’ajuster le budget au moment de la naissance d’un enfant pour s’assurer qu’il reflète la nouvelle situation et qu’il est en mesure d’absorber les dépenses additionnelles sans endettement. L’ajustement du budget doit être un processus régulier, car les besoins d’un enfant évoluent avec son âge. De plus, à mesure que l’enfant grandit, les parents seront en mesure de découvrir ses intérêts. Puisque certains intérêts coûtent beaucoup plus que d’autres, le budget des parents doit être ajusté pour en tenir compte.
2. Ajuster le fonds d’urgence
Puisque les dépenses mensuelles augmentent avec l’arrivée d’un enfant, cela conduit inévitablement à la nécessité d’augmenter le fonds d’urgence de façon à se protéger efficacement des risques associés à une diminution ou un arrêt soudain des revenus.
Selon la situation, les parents peuvent également avoir besoin d’allonger la période de couverture du fonds d’urgence. Par exemple, si le fonds d’urgence couvrait trois mois, les parents peuvent décider de l’allonger à six mois selon la situation de la famille ou même selon la condition de santé de l’enfant.
Quel est le montant de fonds d’urgence idéal à l’arrivée d’un enfant?
Selon moi, les parents doivent toujours avoir un fonds d’urgence d’au moins six (6) mois quand les enfants arrivent. Cela reflète le plus haut niveau de prudence au niveau des finances personnelles d’un parent par rapport à une personne sans enfant et la reconnaissance que les problèmes peuvent survenir rapidement avec les enfants.
3. Commencer à économiser pour les études de votre enfant
Les études universitaires coûtent beaucoup d’argent. En 2022, Statistiques Canada estimait les droits de scolarité pour une année d’études universitaires de premier cycle à 6 834 $ en moyenne dans l’ensemble du Canada, contre 3 400 $ au Québec. La figure ci-dessous montre les coûts moyens des études universitaires par province canadienne. Par conséquent, il est important de commencer à épargner tôt pour financer les études universitaires d’un enfant.
Figure 1. Droits de scolarité annuels moyens des étudiants Canadiens par province

Source : Statistiques Canada
Combien puis-je contribuer au REEE ?
Au Canada, le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est un véhicule d’épargne efficace au niveau fiscal qui vous permet d’économiser pour financer les études post-secondaires de votre enfant au Canada. Les cotisations au REEE bénéficient d’une bonification de 20% du gouvernement fédéral et de 10% du gouvernement du Québec sur les premiers 2 500 $ de cotisation annuelle. Cela veut dire que si vous cotisez 2 500 $ au REEE de votre enfant par année, vous recevrez une prime de 500 $ du gouvernement fédéral et de 250 $ du gouvernement provincial si vous vivez au Québec.
Depuis 2007, il n’y a aucun plafond de contribution annuelle à un REEE. Cependant, le plafond à vie est fixé à 50 000 $ par enfant.
Quel est l’avantage de cotiser dans un REEE ?
Le grand avantage du REEE est que les rendements peuvent s’accumuler à l’abri de l’impôt tant qu’ils ne sont pas sortis du régime. Cela permet de fructifier un plus grand montant sur une plus longue période. Cependant, les cotisations au REEE ne sont pas déductibles d’impôt.
Finalement, en plus de créer le REEE de votre enfant, vous devez penser à investir les fonds cotisés au sein de ce régime pour profiter de l’avantage des intérêts composés.
4. Souscrire une police d’assurance-vie
Une police d’assurance-vie permet de protéger votre famille et votre enfant de ces risques. Il y a généralement deux types d’assurance-vie : une assurance-vie temporaire qui fournit une protection durant la période de couverture choisie et l’assurance de vie permanente qui fournit une protection toute la vie.
Quels sont les types d’assurance-vie auxquels je peux souscrire ?
Il y a généralement deux types d’assurance-vie : une assurance-vie temporaire qui fournit une protection durant la période de couverture choisie et l’assurance de vie permanente qui fournit une protection toute la vie.
Ma lecture économique
L’impact financier d’un enfant sur les finances des parents est très important en dépit des prestations offertes par les différents paliers gouvernementaux. C’est pourquoi il est important de bien planifier ses finances à court et à long terme à l’arrivée de votre enfant. En plus de ces décisions, d’autres peuvent avoir des impacts majeurs sur vos finances, comme la décision de placer les cotisations au sein du REEE dans des instruments financiers. Il est également important de commencer à contribuer le plus tôt que possible au REEE de façon à faire fructifier les cotisations le plus longtemps que possible. De plus, seules les cotisations faites avant les 18 ans de l’enfant donnent droit à des subventions.
Par exemple, si vous cotisez 2 500$ par année au REEE de façon à recevoir chaque année le plafond de subventions annuelles, vous recevrez 500 $ du gouvernement fédéral et 250 $ du gouvernement provincial, ce qui correspond à un total de 3 250 $ par année. Cependant, il faut noter que le maximum de subventions que vous pouvez recevoir est de 7 200 $ du gouvernement fédéral et 3 600 $ du gouvernement provincial. Cela sous-entend que vous aurez atteint ce plafond à la quinzième année de cotisation. A ce rythme de cotisation, vous atteindrez le plafond de cotisation quand l’enfant aura 20 ans (ou à la vingtième année de cotisation si vous n’avez pas commencé les cotisations à l’année de sa naissance.
A la fin de cette vingtième année, si ces cotisations sont investies dans un FNB qui réplique la performance du marché (par exemple, prenons le S&P 500 avec un rendement en moyenne de 8 %), la valeur des fonds au sein du REEE aura atteint 155 158 $ (assumant des cotisations faites et des subventions recues au debut de chaque année).
Figure 2: Evolution de la valeur du REEE

Tableau 1. Evolution de la valeur du REEE
| Année | Cotisations annuelles | Subventions fédérales | Subventions provinciales | Cumul des cotisations | Valeur du REEE avec investissement | Valeur du REEE sans investissement |
| 1 | 2,500 | 500 | 250 | $ 3,510 | $ 3,250 | |
| 2 | 2,500 | 500 | 250 | 5,000 | $ 7,301 | $ 6,500 |
| 3 | 2,500 | 500 | 250 | 7,500 | $ 11,395 | $ 9,750 |
| 4 | 2,500 | 500 | 250 | 10,000 | $ 15,816 | $ 13,000 |
| 5 | 2,500 | 500 | 250 | 12,500 | $ 20,592 | $ 16,250 |
| 6 | 2,500 | 500 | 250 | 15,000 | $ 25,749 | $ 19,500 |
| 7 | 2,500 | 500 | 250 | 17,500 | $ 31,319 | $ 22,750 |
| 8 | 2,500 | 500 | 250 | 20,000 | $ 37,335 | $ 26,000 |
| 9 | 2,500 | 500 | 250 | 22,500 | $ 43,831 | $ 29,250 |
| 10 | 2,500 | 500 | 250 | 25,000 | $ 50,848 | $ 32,500 |
| 11 | 2,500 | 500 | 250 | 27,500 | $ 58,426 | $ 35,750 |
| 12 | 2,500 | 500 | 250 | 30,000 | $ 66,610 | $ 39,000 |
| 13 | 2,500 | 500 | 250 | 32,500 | $ 75,448 | $ 42,250 |
| 14 | 2,500 | 500 | 250 | 35,000 | $ 84,994 | $ 45,500 |
| 15 | 2,500 | 200 | 100 | 37,500 | $ 94,818 | $ 48,300 |
| 16 | 2,500 | 0 | 0 | 40,000 | $ 105,103 | $ 50,800 |
| 17 | 2,500 | 0 | 0 | 42,500 | $ 116,212 | $ 53,300 |
| 18 | 2,500 | 0 | 0 | 45,000 | $ 128,209 | $ 55,800 |
| 19 | 2,500 | 0 | 0 | 47,500 | $ 141,165 | $ 58,300 |
| 20 | 2,500 | 0 | 0 | 50,000 | $ 155,158 | $ 60,800 |
FAQ – Questions fréquentes
Comment puis-je déterminer le montant à mettre dans mon fonds d’urgence ?
Vous pouvez estimer le montant de votre fonds d’urgence en fonction de vos dépenses mensuelles ou en fonction de vos revenus mensuels. Les deux méthodes fonctionnent.
Où puis-je souscrire à une police d’assurance-vie ?
Les entreprises d’assurance comme la Croix-Bleue et Canada-Vie offrent des polices d’assurance-vie. Cependant, vous devez bien effectuer vos recherches pour choisir une police qui répond à vos besoins.
Est-ce qu’une police d’assurance-vie coûte cher ?
Le coût d’une police d’assurance-vie dépend de plusieurs facteurs comme votre âge, votre bilan de santé ainsi que la durée de la couverture.
Suis-je obligé de prendre une police d’assurance-vie permanente ?
Non, vous pouvez prendre une couverture pour quelques années. Par exemple, vous pouvez prendre une couverture qui protège votre enfant si vous décédez avant qu’il atteigne l’âge de 30 ans.
Où puis-je ouvrir un REEE ?
Les institutions financières canadiennes offrent généralement la possibilité d’ouvrir un REEE.
Qui peut ouvrir un REEE pour un enfant ?
N’importe qui peut ouvrir un REEE et designer un enfant comme bénéficiaire, tant que l’enfant est une résidente du Canada et détient un numéro d’assurance sociale. Par exemple, un oncle, une tante, un grand-parent ou même un ami de la famille peut ouvrir un REEE et designer un enfant comme bénéficiaire.
Puis-je cotiser en un seul versement au REEE ?
Vous pouvez cotiser un maximum de 50 000 à vie au REEE. Vous avez le choix d’étaler cette cotisation sur le nombre d’années que vous voulez. Cependant, votre rythme de cotisation peut avoir un impact important sur les subventions.
Est-ce que le REEE s’applique à un enfant en particulier ?
Vous pouvez ouvrir un REER individuel qui désigne un bénéficiaire en particulier ou un REER collectif qui désigne les enfants d’une même famille.
Est-ce que les cotisations au REEE de mon enfant me permettent d’économiser sur l’impôt ?
Non, vos cotisations au REEE ne sont pas déductibles d’impôts, donc ne génèrent pas d’économies d’impôt.
Puis-je investir à l’intérieur du REEE ?
Vous pouvez choisir vos types de placements à mettre dans un REEE. Il peut s’agir de fonds négociés en bourse, de fonds mutuels, de certificats de placements garantis ou de placements d’entreprise.
Puis-je retirer l’argent que j’ai déposé dans un REEE ?
Oui, vous pouvez sortir de l’argent du REEE.
Est-que mon enfant sera imposé quand il retire des fonds du REEE ?
Votre enfant sera imposé seulement sur les subventions et les rendements sur investissement accumulés au sein du REEE. Il ne paiera pas d’impôt sur les cotisations.
Qu’arrive-t-il si mon enfant décide de ne pas poursuivre des études collégiales ou universitaires ?
Vous pouvez retirer les fonds du REEE si votre enfant décide de ne pas poursuivre des études collégiales ou universitaires. Vous ne serez pas imposé sur les cotisations, mais vous paierez de l’impôt sur les subventions gouvernementales reçues et les rendements sur les placements.
