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Donald Trump a annoncé la semaine dernière son intention de nommer Kevin Warsh au poste de gouverneur de la Reserve Fédérale américaine (la FED) pour succéder à Jerome Powell. Dans les lignes qui suivent, j’aborde ce que le profil de M. Warsh pourrait impliquer pour les taux d’emprunt au Canada, incluant les taux hypothécaires et pour le dollar canadien.

Qui est Kevin Warsh ?

Kevin Warsh a déjà été membre du conseil des gouverneurs de la FED entre 2006 et 2011, donc durant la période de la grande crise financière de 2008. Il n’a pas le profil atypique d’économiste provenant du milieu académique habituellement nommé à la tête de la FED. Il a plutôt le même background que Jerome Powell, un avocat qui connait très bien le fonctionnement des marchés financiers, le milieu bancaire et les opérations de la FED. Il a également occupé le rôle de conseiller économique du President Georges W. Bush au début des années 2000s, particulièrement sur les enjeux ayant rapport à la règlementation des marchés financiers et du secteur bancaire. Après son passage à la FED, il a travaillé comme chercheur invité à la Hoover Institution, un laboratoire d’idées économiques plutôt de droite propulsé par l’Université Stanford.

Etonnamment, Kevin Warsh est plutôt connu pour ses positions en faveur d’une politique monétaire restrictive, ou hawkish dans le jargon financier. Ainsi, lors de la crise de 2008, il s’est longtemps opposé aux baisses de taux d’intérêts de la FED. Il est également partisan de moins d’interventions de la FED en matière d’achat d’obligations en dehors des périodes de crise. Ainsi, après la crise financière de 2008, il s’est opposé à la deuxième ronde d’achats d’obligations de la FED (QE2) annoncée en novembre 2010 avant de démissionner peu après, soit en mars 2011. Pour vous mettre en contexte, la FED peut intervenir sur les marchés pour acheter des obligations émises par le Département du Trésor ou même par d’autres institutions. Ce faisant, elle injecte de la liquidité dans le système financier et influence favorablement les conditions de crédit, ce qui stimule les investissements et la croissance économique.

Comment ce choix peut influencer les taux d’emprunt au Canada ?

Même si le Reserve fédérale américaine n’élabore pas les politiques financières du Canada, les décisions qu’elle prend peuvent avoir un impact sur l’environnement économique canadien, particulièrement sur les taux d’emprunt, incluant les taux hypothécaires. Ainsi, les taux hypothécaires fixes à 5 ans sont basés sur les rendements des obligations à 5 ans du gouvernement du Canada. Ces rendements sont eux-mêmes influencés par les rendements des obligations du gouvernement américain.

Or, la politique monétaire des États-Unis affecte les rendements des obligations américaines. D’un côté, les baisses ou les hausses de taux d’intérêt de la FED ont un impact direct sur les rendements des instruments à court terme émis par le gouvernement américain tels que les bons du Tresor et les obligations à échéance courte comme les obligations à 2 ans. D’un autre côté, la gestion et l’allocation des achats (assouplissement quantitatif ou QE) ou des ventes (resserrement quantitatif ou QT) d’obligations par la FED affectent les rendements des obligations à plus long terme en faisant bouger la demande et l’offre pour ces obligations.

La position de Kevin Warsh sur les taux s’est beaucoup assouplie depuis l’arrivée au pouvoir de Donal Trump et son discours signale une ouverture vers des baisses de taux. Par ailleurs, M. Warsh est également partisan d’une diminution des échéances des obligations gouvernementales achetées par la FED pour se concentrer sur les obligations à échéance plus courte. Ce potentiel re-balancement peut affecter la dynamique de la demande pour les différents secteurs d’obligations en question et affecter la courte des taux aux États-Unis, ce qui devrait influencer les rendements des obligations au Canada, ainsi que les taux d’emprunt qui sont basés sur ces rendements tels quels les taux hypothécaires de 5 ans. Cependant, d’autres facteurs comme les tarifs commerciaux ainsi que les anticipations déjà intégrées dans les rendements par les investisseurs pourrait limiter ces impacts.

Comment ce choix pourrait affecter le dollar canadien… et vos vacances ?

Si la FED baisse les taux d’intérêt de la FED, cela pourrait également contribuer à un resserrement du différentiel des taux qui existe actuellement entre les États-Unis et le Canada, ce qui ferait apprécier le dollar canadien. Laissez-moi expliquer un peu comment ça fonctionne. Le taux directeur en vigueur dans un pays est un indicateur du rendement nominal que les capitaux investis dans ce pays peuvent rapporter. Or, les investisseurs recherchent l’endroit où le rendement est le plus élevé pour placer leur argent. Actuellement, l’intervalle du taux directeur aux États-Unis est entre 3.5 % et 3.75 % alors que le taux directeur au Canada est de 2.25%. Cela rend les États-Unis plus attractifs que le Canada en faisant abstraction de tous les autres facteurs et renforce la demande pour le dollar américain. Des baisses de taux aux États-Unis diminuerait cet avantage compétitif, ce qui favoriserait le dollar canadien.

Figure 1: Borne supérieure de l’intervalle des taux de la FED

Par conséquent, des baisses de taux pourrait vous favoriser au moment de prendre vos vacances en vous permettant de faire des gains de change si vous achetez du dollar américain.

Kevin Warsh et l’IA, qu’en est-il ?

Les discours de Kevin Warsh dénotent un certain optimisme vis-à-vis des retombées potentielles de l’intelligence artificielle (IA). Dans un article d’opinion signé dans le Wall Street Journal en novembre 2025, il a affirmé que l’IA a le potentiel de limiter l’inflation à long terme en permettant à la société américaine de faire des gains de productivité qui feront baisser les coûts de production.


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By Jeiel Onel Mezil

Économiste et détenteur du titre CFA, je suis passionné de littératie financière, d'écriture et des enjeux économiques. J'ai travaillé comme journaliste, analyste financier et économiste. À travers mon blog, j'explore des sujets liés aux finances personnelles comme l’investissement et la retraite, ainsi que sur des enjeux économiques et sociaux contemporains.

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